
Hevra kadicha
Décès, enterrement, deuil pour l'élévation de l'âme
En savoir plus sur l'accompagnement religieux de la mort et rites juifs.
La bénédiction au moment du décès :
Dans le judaïsme, la mort est considérée comme un passage sacré. Lorsqu’un proche décède, il est d’usage de prononcer la bénédiction :
« Barou’h ata Hachem, Elokénou méle’h haolam, dayan haèmèt »
Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, juge de vérité.
Cette formule souligne le passage de la vie à la mort et rappelle la présence divine même dans ces instants difficiles.
La ‘Hevra Kadicha : la sainte assemblée
La ‘Hevra Kadicha signifie « la sainte assemblée ». Elle regroupe hommes et femmes dévoués, chargés de préparer et d’accompagner le défunt selon la Halakha. Cette mitsva est appelée ‘hessed chel émet (« bonté de vérité »), car elle se réalise sans attente de récompense, guidée uniquement par la compassion et le respect.
Premiers gestes au moment du décès :
Il est essentiel de respecter la vie jusqu’au bout et d’agir avec dignité. Les premiers gestes consistent à :
- Fermer les yeux et la bouche du défunt
- Étendre les bras le long du corps, mains ouvertes
- Cacher le visage
- Recouvrir le corps d’un drap
- Allumer une bougie ou une veilleuse
- Couvrir les miroirs
- Lire les psaumes (Chéma Israël ou psaume 91) en hébreu ou en français
- Contacter les pompes funèbres et veiller à ce que le Consistoire de Paris soit impliqué pour la tahara et l’inhumation
- La toilette rituelle (Tahara)
- La toilette rituelle prépare le corps pour sa résurrection future et assure sa purification selon la tradition. Elle est réalisée par des personnes habilitées et agréées par le Beth-Din de Paris.
- Le corps est lavé avec des versets bibliques récités à chaque étape
- Il est ensuite revêtu d’un linceul
- Les hommes portent le talit dont un tsitsit est retiré
- Les veilleuses et le Kadich
Les veilleuses symbolisent la mémoire et la lumière face à l’oubli. Le Kadich est récité pendant les sept jours du deuil, le mois et l’année du décès, en présence d’un minyan. Il n’est pas une prière pour les morts mais une sanctification du Nom divin, exprimant l’acceptation de la justice divine et le respect envers le défunt.
Formalités en cas de décès :
Au domicile : déclarer le décès à la mairie, fournir le livret de famille et faire constater le décès par un médecin si nécessaire.
À l’hôpital : se présenter pour la reconnaissance du corps avec les pièces d’identité.
Seules certaines personnes peuvent être inhumées dans un cimetière parisien : résidents de Paris, titulaires d’une concession, ou décédés à Paris.
Rôle du Consistoire :
Le Consistoire accompagne les familles endeuillées :
Organisation des obsèques avec des équipes mobiles jusqu’à 200 km autour de Paris
Mise à disposition de rabbins, veilleurs et lecteurs de psaumes
Réalisation de la tahara :
Recueil du nom du défunt pour les offices et la mémoire communautaire
Possibilité de poser une plaque sur le panneau du souvenir des synagogues consistoriales.
L’incinération est interdite, car elle empêche l’âme d’accéder au Monde Futur et à la résurrection.
Le Kadich :
Le Kadich, terme araméen signifiant « saint », est une prière de sanctification du Nom divin, et non de culte des morts. Il existe plusieurs types :
- Demi-Kadich (Hatsi Kadich) : première partie, louange du Nom divin
- Kadich d’acceptation de la prière (Titkabal) : clôture l’office et exauce les prières
- Kadich des orphelins (Yatom) : souvent mal compris comme prière des morts, il aide les enfants et proches à faire le deuil et à accepter la justice divine
Les règles du deuil :
La Halakha distingue trois périodes :
- Shiv’a (7 jours) : interdits sur le travail, la toilette, les chaussures en cuir, les relations conjugales, l’étude de la Torah, les salutations, etc.
- Chlochim (30 jours) : interdits plus légers, comme ne pas se couper cheveux et barbe, éviter les réjouissances et mariages, porter des vêtements neufs ou saluer chaleureusement
- Année de deuil : pour le père et la mère, certains interdits s’appliquent durant 12 mois
La Hazkara (commémoration annuelle) :
Chaque année, à la date anniversaire du décès selon le calendrier hébraïque, un office commémoratif est organisé. Cette cérémonie permet de se souvenir du défunt, réciter le Kadich et exprimer sa fidélité à la mémoire et à la tradition.
Et que l’Éternel console les endeuillés de Sion !



